« Au début du siècle dernier, rares étaient ceux qui possédaient un appareil pour immortaliser le quotidien. Pourtant, quelques images ont traversé le temps et nous permettent aujourd’hui de redécouvrir le village d’autrefois » nous commente Manu Raga.
« Et puis, souvenez-vous ! Il n’y a pas si longtemps, Arpaillargues ne comptait que 250 habitants et n’a eu l’eau courante qu’en… 1957. Mais depuis le siècle dernier, la commune a bien grandi, accueillant aujourd’hui quelque 1 200 habitants, dont de nombreux enfants, qui font renaître petit à petit et à leur manière, l’école communale…
Les clichés choisis, souvent simples en apparence, sont en réalité de véritables trésors. Ils témoignent d’une époque,
d’un mode de vie et d’une identité qui ont façonné notre village… permettant de créer du lien entre les générations, entre ceux d’hier et ceux d’aujourd’hui. Côté commerces, rappelons par exemple l’épicerie Dalmazie, les boulangeries Croze ou Artigas, la vente du lait après la traite chez les Fontanille ou Mazel, l’alambic des années 30 du bouilleur de cru »...
Déjà grâce sa page Facebook Arpaillargues-et-Aureilhac mon village, Manu Raga, correspondant de l’hebdomadaire Le Républicain dans la commune, travaillait à la mise en lumière de cette histoire d’antan, de ces métiers d’autrefois, de cette gare qui ferma ses portes en 1936, de ces cérémonies qui regroupaient dans la cour d’une ferme ou devant l’église les mariés, les paroissiens…
« Parmi les figures emblématiques du village que j’ai ainsi souhaité présenter à l’occasion de mon exposition, citons « le poète paysan Alfred Méric, fondateur de la revue L’Arpagus. S’exprimant avec aisance et finesse tant en français qu’en patois languedocien, son expression, allant puiser sa nourriture dans les profondeurs authentiques de la pensée et de la sagesse paysannes » est une source inépuisable » d’expérience humaine, de culture, nous raconte Manu Raga…

Un autre des clichés de l’exposition, datant celui-ci de 1946, rappelle de même un moment historique d’Arpaillargues : la refonte de la cloche de l’église à Annecy et sa remise en place, après son baptême qui se déroula en grande cérémonie dans le parc de la maison Béraud, où elle reçut de sa marraine Mademoiselle Béraud en personne, son prénom de Gabrielle.
En parcourant l’exposition temporaire du temple, nous nous immisçons au cœur de ces temps révolus, nous nous asseyons auprès des anciens sur les bancs du village, nous imaginons leur conversation, nous flânons aux abords de la rivière Deysennes (devenue Les Seynes depuis)…
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Un autre souvenir ? « Le moulin à blé Galhard, témoin de l’évolution industrielle et artisanale
du village et dont l’histoire s’étend sur plus de 8 siècles…
Mentionné dès l’an 1200 dans l’inventaire des Archives de l’Evêché d’Uzès…
il héberge dès 1824 une fabrique de chaudières en tôle de fer et de machine à vapeur et,
dès 1833 un atelier de filature de soie.
Changeant de nom en 1894, le moulin passe sous le propriété de la famille Chalier
et ajoute à son activité un moulin à huile dès 1925 »…
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Si au début l'aventure s’articulait par le biais de photographies couleur, Manu Raga n’a pas tardé à approfondir ses recherches, sollicitant les anciens, mais aussi les jeunes générations, à partager leurs souvenirs. Au final, la mémoire du village qui renaît, certains retrouvant des aïeux depuis longtemps disparus, rassemblant leur souvenir autour d’un détail, ou se rappellant une anecdote.

De la « Fête votive, cœur battant du village, aux parties de pétanque sur la place du Pouzet, de l’équipe de football Arpagus qui, dans les années 30, avait établi son siège au Café de l’Univers, à la salle de ciné improvisée en face du comptoir jusqu’aux années 70, c’est pour tout cela que j’aime chercher, encore et encore, des pans de l’histoire de notre village, un travail de longue haleine, certes, mais tellement enrichissant »…
Les enfants des clichés sont devenus à présent grands-parents ou ont initié une dynastie d’artisans… Les rondes et photos d’écoles font remémorer aux plus anciens des instants immortalisés de leur jeunesse…
La bonne adresse : Page Facebook Arpaillargues-et-Aureilhac mon village de Manu Raga.