Ciguë, les fleurs pour compagnie

Boutique des plus poétiques, Ciguë réserve dès l’entrée un bain de couleurs accueillant.

Des fleurs séchées par foison, en bouquets, en soliflore, en couronnes...

 

composition florale, cigüe©nb UzEssentiel

 

Poussons ensemble la porte de cet écrin de verdure au cœur d’Uzès, à deux pas de la place aux herbes, pour nous imprégner de cette ambiance toute pastorale...

 

DECOUVERTE

Bouquet©Cigüe, Uzès

 

Bonjour Laure,

Ravie de vous accueillir dans la rubrique Art de Vivre d’UzEssentiel.com.

Quelle a été votre vie avant de vous lancer dans la carrière de fleuriste ?

Une vie entre ville et campagne où l’envie d’être utile primait.

J’ai entrepris une carrière sociale après une mission humanitaire. J’étais alors convaincue que je devais œuvrer pour la réduction des inégalités, mon travail était mon plus bel engagement.

Je m’y suis pleinement investie jusqu’à m’en épuiser. Ce premier parcours professionnel m’a autant donné que pris. Il fut riche d’enseignement, je le porte encore !

 

 

Quel événement vous a décidé à vivre au milieu des fleurs ? Quelle a été votre formation, notamment en ce qui concerne la composition des bouquets, l’harmonie des couleurs ?

Il n’y a pas d’événement mais une suite d’événements.

Aussi loin que je m’en souvienne, j’ai toujours voulu être fleuriste. J’ai entrepris une reconversion professionnelle en passant par le CAP et la formation chez plusieurs « mentors », des fleuristes que j’admirais. J’avais besoin d’être dans l’admiration pour vivre pleinement ce virage professionnel, il fallait que cela  soit aussi fort que la passion qui m’habitait déjà. Le CAP était pour moi un passage nécessaire afin d’asseoir une certaine légitimité à devenir un autre parcours professionnel.

Mais l’apprentissage a été plus vaste, car il s’agissait d’aller vers l’esthétisme cinématographique, artistique et musical. Il s’agissait de travailler mon œil aux matières, aux formes et aux couleurs. C’est ainsi que j’ai appris le sens des fleurs, leur singularité. C’est là que la passion a pris un sens plus aigu.

 

Hortensias, centre-ville Uzès©Cigüe, Uzès

 

Ciguë est un nom fort particulier et quelque peu inquiétant pour votre activité de fleuriste... Pourquoi ce choix ?

La Ciguë est d’abord une fleur sauvage, à la phonétique intéressante. Comme beaucoup dans le monde végétal, elle est méconnue à tort. Il en existe en effet deux, l’une comestible et l’autre toxique. J’aimais évoquer cette dualité entre l’homme et la nature.

 

Pourquoi avoir choisi Uzès pour votre boutique?

Parce qu’Uzès est une ville riche en patrimoine, douce et inspirante. C’était là et nulle part ailleurs.

 

 

 

Vous avez pris la décision de présenter des fleurs et plantes françaises.... Comment effectuez-vous votre sélection ? Collaborez-vous au Collectif de la fleur
française ?

Je suis engagée en matière de promotion de la fleur française, car j’aspire à jouer mon rôle dans le redéveloppement de la filière horticole pour des enjeux écologiques évidents.

Or, s’il s’agissait pour moi d’une évidence, j’ai très vite été confrontée à des limites structurelles, logistiques et productives. Ne travailler que de la fleur française me prendra plus de temps.

Je privilégie les fleurs varoises et je travaille à la belle saison avec une productrice locale, je recherche en permanence de nouveaux producteurs.

Le modèle le plus vertueux et hautement désiré serait de produire mes propres fleurs.

 

hortensias© cigüe, Uzès

 

Vous prônez la fleur séchée, tout en délicatesse. Les textures se mélangent, les couleurs se diffusent... Y a-t-il des fleurs/feuilles/plantes plus adaptées que d’autres à cette pratique ?

Non, nul n’est impossible ! Je prône effectivement la fleur pérenne et l’idée que son souvenir peut rester.

Vous collaborez avec quelques bonnes adresses à Uzès et dans les environs... Comment se passe ce genre de partenariat ?

Il s’agit tout d’abord d’une rencontre, ensuite il arrive que l’envie de travailler ensemble émerge. Je me plais à saisir ces énergies là car elles sont pour moi créatrices. Une passion se partage, se mêle et s’entremêle.

 

 

Dahlias©Cigüe, Uzès

 

 

Avez-vous éventuellement une spécialité ou un art floral qui vous interpelle plus qu’un autre ? En fleurs, bouquets, décors...

Pensez-vous un jour proposer des ateliers d’arrangement floral ?

Observer la nature, sa saisonnalité, son mouvement c’est de là que tout part.

J’envisage effectivement d'ouvrir les portes de Ciguë aux ateliers. Je réfléchis activement au format, car je suis très attachée à la simplicité. Les ateliers doivent être accessibles et nous ressembler, à Ciguë et moi.

 

 

Bouquet©Cigüe, Uzès

 

Si vous aviez un bouquet à composer par saison... quel serait-il - en automne, - en hiver, - au printemps ou - en été ?

J’aime particulièrement deux saisons, l’automne et le printemps, l’une pour ses couleurs qui m’évoque une douce nostalgie estivale et l’autre pour la renaissance verdoyante de la nature.

Je n’ai pas de fleur préférée et donc pas de saison de prédilection, je préfère apprivoiser l’inconnu et me surprendre du plus commun.

 

Vifs remerciements à Laure, de @ciguë, pour sa collaboration à cet article.
La bonne adresse : Ciguë, 2 rue du 4 septembre, à Uzès. contact@cigue-fleuriste.com. Ouvert du mercredi au samedi 10 h à 13 h, et de 14 h à 19 h.

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