Le projet LIFE Biodiv’Paysanne

nbesse Par Le 02/06/2026

Dans Nature

Projet de préservation des milieux naturels de la région Occitanie, de leur biodiversité et écosystèmes, s’étirant jusqu’en 2027, LIFE Biodiv’Paysanne s’inscrit dans les actions menées à l’échelle nationale pour la sauvegarde de l’environnement.

Life biodiv paysanne 1

Alors que nous avons consacré des articles à LIFE Terra Musica, l’office français de la biodiversitéLa Nat'mobile, musée itinérant du Syndicat mixte des gorges du Gardon, le projet LIFE Biodiv’Paysanne - dont voici les grandes lignes - complète notre dossier ès milieux naturels.

 

 

« L'Occitanie, carrefour de 4 domaines bioclimatiques :

alpin, atlantique, continental et méditerranéen (ARB Occitanie source) ».

 

 

Des enjeux de préservation de la biodiversité aux enjeux climatiques

Allant de la restauration des milieux naturels au renforcement du réseau des sites protégés à l’accompagnement à la transition agroécologique des fermes… le projet s’étend dans plusieurs domaines qui se veulent complémentaires.

« Le CEN Occitanie, l’Ana–Conservatoire d’espaces naturels Ariège et la Fédération des CEN se dotent via ce projet de moyens conséquents pour renforcer et gérer le réseau de sites naturels protégés, véritable cœur de métier des CEN, sur tout le territoire Occitan. Ce sont ainsi plus de 25 000 ha et 300 sites qui bénéficieront directement ou indirectement d’actions de préservation en faveur d’espèces ou d’habitats à enjeux, auxquels s’ajouteront plus de 2 700 ha de nouveaux sites, acquis ou conventionnés durant le projet » précise la coordinatrice du projet, Mélanie Némoz.

« Se focalisant sur les milieux agricoles, couvrant plus de la moitié de la surface du territoire régional… il sera illusoire de prétendre préserver la biodiversité sans s’en préoccuper » continue-t-elle.

Acteurs de la transition agroécologique

Agriculteurs, cultivateurs et autres acteurs œuvrant pour la transition agroécologique  sont soutenus par des « partenaires compétents et complémentaires comme Solagro (qui « propose une démarche singulière au sein de laquelle accompagnement de réalisations (études et assistance à maîtrise d'ouvrage), prospective, formation et recherche – développement s'alimentent et s'enrichissent mutuellement) la fondation Terre de Liens Midi-Pyrénées (qui, dans la région, compte 2 000 ha préservés, 39 fermes et 80 paysannes et paysans Terre de Liens, mais aussi 200 candidats à l'installation et cédants accueillis et 2 000 citoyens et citoyennes engagées) et le Conservatoire Botanique National Pyrénées et Midi-Pyrénées, qui apporte expertise, connaissance et le soutien à la gestion et valorisation des projets », parmi d’autres actions.

Une aventure humaine hors du commun qui unit et rassemble

Salariés, bénévoles, agriculteurs et bien d’autres collaborateurs joignent leurs efforts pour continuer de « profiter des paysages et des espèces incroyables que la nature offre au sein de la région Occitanie, classée parmi les plus riches de France ».

Des appellations à reconnaître

Comme dans tout organisme, il est bon de savoir reconnaître et comprendre les différents termes et sigles. Par exemple, le terme « site » désigne un milieu qui fera l’objet d’une action de gestion, de restauration ou de transition agroécologique en vue de la préservation de la biodiversité, « espaces naturels » ou « milieux naturels » font référence aux « espaces naturels protégés » de l'Union internationale pour la conservation de la nature (UICN et qui regroupe au sein d’un partenariat original 2 ministères, 7 organismes publics, 8 collectivités locales, 64 organisations non gouvernementales (ONG) et 300 experts), qui désigne « un espace géographique clairement défini, reconnu, consacré et géré, par tout moyen efficace, juridique ou autre, afin d'assurer à long terme la conservation de la nature ainsi que les services écosystémiques et les valeurs culturelles qui lui sont associés ».

Pour ce qui est des « infrastructures agroécologiques », cela désigne des éléments fixes du paysage et des habitats semi-naturels (comme les haies, arbres, bosquets, etc.) à proximité des parcelles cultivées. Les « zones humides », selon le code de l’environnement, correspondent à des « terrains, exploités ou non, habituellement inondés ou gorgés d'eau douce, salée ou saumâtre de façon permanente ou temporaire, ou dont la végétation, quand elle existe, y est dominée par des plantes hygrophiles pendant au moins une partie de l'année ».

 

Life biodiv paysanne tourbiereUn projet, près de 300 sites

Réparti sur plus de « 25 000 ha et 13 départements de la région Occitanie, des côtes et bordures méditerranéennes aux monts et plateaux du Massif central, les montagnes et vallées des Pyrénées ainsi que les plaines et coteaux de Midi Pyrénées, abritant des espèces protégées et endémiques de la région, le projet porte sur des écosystèmes très diversifiés : zones de landes, fourrés, prairies, forêts, lacs et rivières ou encore zones humides »...

L’impact de l’activité humaine

Si l’artificialisation des milieux et leur fragmentation (élevages, maraîchages, grandes cultures, zones d’habitation) impactent fortement les milieux naturels, il faut rappeler l'importance que représente leur biodiversité et leur préservation (« patrimoine floral – protection de la pollinisation notamment, et faunique – 80 espèces - dans 24 habitats différents »), et comprendre cette évolution et de la gérer au mieux, en surveillant, entre autres, la qualité de l’eau, la décomposition et le recyclage de la matière organique…

Renforcement du réseau de sites protégés et trame verte et bleue

De plus, « le projet aimerait acquérir 250 ha de nouveaux sites et en conventionner 2 450 dans le but de les préserver, via la réalisation d’inventaires, l’élaboration de plan de gestion et la mise en œuvre d’actions de restauration » tout en expérimentant « un plan de gestion sur 12 réseaux de sites, soit près de 9 500 ha ». Les objectifs ? Analyser les enjeux écologiques à une échelle pertinente ; améliorer la fonctionnalité du réseau de sites et mutualiser les moyens et la coopération entre les acteurs.

 

Life biodiv paysanne test exploitation

Dans cette optique, « le projet va accompagner 60 fermes (dont 20 fermes pilotes qui feront l’objet d’un diagnostic en fin de projet) pour une meilleure prise en compte de la biodiversité au sein de leur exploitation agricole : Temps d’échange pour aborder la dimension sociale, économique et agronomique de l’exploitation, Inventaire écologique de la biodiversité et des infrastructures agroécologiques présentes sur place, Recommandations sous forme d’un document de synthèse avec des actions précises afin d’augmenter le potentiel d’accueil de la biodiversité sur l’exploitation ».

 

Restauration des milieux naturels

« Les semences sauvages et locales collectées dans les prairies naturelles et le foin issu de la fauche de ces mêmes prairies sont valorisés via le développement de nouvelles filières. Parmi elles, nous notons la création d’une marque « foin naturel » ou l'adhésion à la marque Végétal Local, afin de permettre à la société agricole de s'autofinancer, mais aussi réaliser des prestations de restauration écologique pour des collectivités comme la réouverture de milieux par un troupeau, le débardage par traction animale, etc , ce qui représente un partenariat dynamique entre les gestionnaires d’espaces naturels, les structures défendant une agriculture locale, respectueuse de l’environnement, durable et paysanne, les structures agricoles plus conventionnelles et les décideurs ».

Parmi les espèces à protéger

Parmi les nombreuses espèces à protéger, certaines d’entre elles sont en liste rouge. « 23 % des espèces d’Odonates (libellules, demoiselles) et Rhopalocères (papillons de jour) sont considérées comme menacées d’extinction contre respectivement 14% et 6,7% à l’échelle nationale ». Ces espèces sont menacées en raison de la modification d’occupation des sols, des pratiques d’urbanisation comme les drainages. « Les prairies, pelouses et pâturages naturels ont ainsi vu leur surface diminuer de 50 % en 40 ans. Pourtant, ces milieux abritent une richesse exceptionnelle d’espèces de faune et de flore et permettent des échanges constants et remarquables entre les différents domaines biogéographiques ». (Cliquez sur le lien pour en savoir plus sur les espèces menacées et protégées et les plans d'actions (PNA)  engagés du Conservatoire d'espaces naturels Occitanie (dont l'aigle de Bonelli, le Desman des Pyrénées, le lézard ocellé, le Murin de Capaccini, la sterne naine, le Nacré de la Bistorte… ou encore l'Ophrys d’Aveyron, le Marsilée pubescente, le glaïeul douteux, la pensée de Lapeyrouse…).

 

A propos de la SCEA Biodiv’Paysanne

La Société Civile d'Exploitation Agricole Biodiv'Paysanne fait partie intégrante du projet et permet d'expérimenter une société agricole dédiée à la préservation de la biodiversité et à la valorisation des ressources naturelles.

En dehors de son rôle prépondérant dans « la restauration des parcelles et des milieux herbacés à fort potentiel écologique, et la vente de semence », la SCEA est aussi « autonome pour faucher, andainer, presser, avec pour objectif de créer une filière Foin naturel d’intérêts agroécologiques ».

La SCEA est aussi grandement impliquée à inciter « agriculteurs et structures agricoles à échanger et transmettre leur savoir-faire sur les filières semences, foin et la préservation des parcelles sources » et les « acteurs de la traction animale », une discipline qui revient depuis de nombreuses années sur le devant de la scène, à faire de même.

 

Pour en savoir plus sur le Projet LIFE Biodiv'Paysanne, cliquez sur le lien.

 

Remerciements à Mathilde Cassé, du service de presse du CEN Occitanie, pour sa collaboration à UzEssentiel et le dossier de presse.