Bien avant les premières expositions et autres séances bronzage sur la plage, il est possible d’accompagner la peau de façon naturelle afin de soutenir sa capacité d’adaptation face aux UV.
Derrière une quête esthétique pour avoir le teint halé, en apparence banale, se cache un mécanisme biologique complexe, car le bronzage est avant tout une réponse adaptative de la peau face à une agression. Et c’est bien la raison pour laquelle il faut se protéger des UV autant que possible.
Au-delà de la non exposition aux heures les plus chaudes de la journée et l’utilisation de crème solaire à indice élevé, il est aussi possible de protéger notre peau, sans promettre de solution miracle, mais par certaines stratégies naturelles permettant de renforcer ses défenses antioxydantes, d’optimiser la production de mélanine et de limiter le stress oxydatif induit par les UV. Car, sous l’effet du soleil, notre peau ne reste pas passive et déploie différents mécanismes biologiques pour se protéger. Ces processus mis en place pour limiter les dommages directs de l’ADN des cellules, ont un prix.
Les UV déclenchent également la production de radicaux libres, des molécules très réactives qui peuvent altérer les membranes cellulaires et les protéines structurantes de la peau. Sans un système antioxydant interne suffisant, ces radicaux libres entrainent un stress oxydatif, accélérant le vieillissement cutané et favorisant l’inflammation. C’est pourquoi une exposition excessive, surtout sans préparation, peut conduire à des coups de soleil, des rougeurs intenses et, à long terme, à des altérations plus profondes du tissu cutané, voire des cancers...
Pour une préparation solaire efficace, rien de vaut les fruits et légumes colorés, riches en pigments protecteurs. Le plus connu, sans doute, est le bêta-carotène, un précurseur de la vitamine A, présent dans la carotte, la patate douce ou encore l’abricot. Dans l’organisme, il participe à la neutralisation des radicaux libres tout en favorisant la production de mélanine.
De la même manière, le lycopène, pigment rouge caractéristique de la tomate, de la pastèque ou du pamplemousse rose, possède un pouvoir antioxydant supérieur au bêta-carotène, notamment lorsqu’il est consommé cuit, associé à une source de lipides (huile d’olive par exemple). Son rôle est double : il aide à limiter les rougeurs et protège les cellules cutanées contre le stress oxydatif lié à l’exposition solaire.
Les xanthines, comme l’astaxanthine (présente dans les crevettes, le saumon et certaines microalgues) ou la lutéine (dans les légumes verts et les œufs), complète cette stratégie anti-UV en protégeant la peau et même la rétine.
Parallèlement, des vitamines et oligo-éléments essentiels renforcent ces mécanismes. La vitamine E (avocat, germe de blé...) protège la peau des agressions oxydatives et favorise son hydratation, tandis que la vitamine C (agrumes, kiwi, cynorhodon) soutient la synthèse du collagène et aide à la régénération après une exposition.
Le zinc et le sélénium sont également indispensable à l’élasticité cutanée et à la lutte contre l’oxydation.
Enfin, un paramètre fondamental reste souvent sous-estimé : l’hydratation. Boire suffisamment d’eau au quotidien permet de préserver l’élasticité et d’optimiser les fonctions barrières de la peau.
Certaines plantes accompagnent particulièrement bien cette phase préparatoire. La plus réputée est probablement la carotte (sauvage ou cultivée). Elle peut être consommée régulièrement dans l’alimentation en période estivale ou employée en externe, sous forme de macérat huileux pour illuminer le teint et protéger la peau.
On peut ensuite citer le roucou, également dénommé « urucum ». Ce fruit originaire des régions tropicales est traditionnellement utilisé pour sa richesse exceptionnelle en caroténoïdes. Il s’emploie en cure préventive sous forme de complément alimentaire, mais il est moins écoresponsable que la carotte !
En beaucoup moins exotique, on peut penser au romarin, qui est aussi souvent intégré aux compléments solaires. Probablement grâce à ses composés phénoliques antioxydants qui apportent un soutien supplémentaire face aux agressions induites par les UV.
Enfin, plusieurs huiles végétales ont un effet protecteur vis-à-vis des rayons solaires : huile d’olive, de germe de blé, de sésame ou encore d’avocat. Ces dernières peuvent être employées en cosmétique pour créer des formules préparatrices efficaces et parfaitement naturelles.
En pratique
Pour une préparation optimale, il est conseillé de débuter une cure solaire trois à quatre semaines avant les premières expositions. En plus de l’alimentation et des compléments, on applique matin et soir une huile enrichie en macérat de carotte pour une routine protectrice simple et cohérente. Ensuite, on veille à une exposition progressive et adaptée au phototype.
Bon à savoir
Toutes ces approches ne doivent jamais être perçues comme une alternative aux protections solaires classiques, mais plutôt comme un travail complémentaire qui vise à renforcer le terrain. Les compléments alimentaires dits « solaires » n’augmentent pas le temps d’exposition et ne protègent pas des coups de soleil. Une crème protectrice à indice élevé reste obligatoire.
A réaliser soi-même, l’huile préparatrice « éclat d’été »
Dans un flacon pompe de 50 ml, mélanger 30 ml de macérat huileux de carottes + 20 ml d’huile végétale de noyau d’abricot + 10 ml d’huile de germe de blé + 5 gouttes de vitamine E.
Appliquer matin et soir quelques gouttes de cette huile sur le visage, le corps ou même les pointes de cheveux. Pour une senteur gourmande, ajouter quelques graines de vanille directement dans le flacon.