Eugénie Didier Son travail part toujours d’images personnelles. Elle peint à partir de ses propres photographies, prises dans l’intimité du quotidien : scènes familiales, gestes ordinaires, fragments de présence. Elle s’attarde sur ce qui semble sans importance — un bouquet oublié, un regard absent, des jambes sous une table — et cherche à donner de la place à ces instants marginaux. Le hors-champ, l’avant ou l’après de l’action l’intéressent particulièrement, car ce sont des moments où l’image ne raconte pas tout. Le silence et l’absence y laissent volontairement des vides que le spectateur est invité à compléter. La contemplation occupe une place centrale dans sa pratique. Elle s’intéresse à ces moments où le corps n’agit plus mais regarde, où l’on s’arrête simplement pour voir. La mer devient un lieu essentiel dans son travail : un espace vers lequel on se déplace presque instinctivement pour contempler. Face à l’eau, le temps semble se dilater et le regard se pose autrement. Sa pratique est profondément liée à la mémoire. Depuis plus de dix ans, elle tient un journal intime quotidien, collectionne des archives. Cette attention à la trace nourrit son rapport à la peinture : peindre devient une manière de retenir ce qui glisse et se transforme. Il s’agit moins de représenter le réel que de faire émerger une sensation de vérité et de trouver ce qu’il y a d’universel dans le banal.
Léa Toutain L'artiste a souvent recours à des paysages rencontrés qui deviennent des terrains fertiles pour inventer des récits multiples. L’intéraction des êtres humains entre eux, et à la nature l’intéresse particulièrement tout comme les manières d’habiter des animaux. Elle peint et dessine donc des milieux naturels, des habitations, des images et objets intimes. Les scènes évoquent tant un isolement des personnages qu’une volonté d’être ensemble, de faire groupe. Les personnages représentés sont en quête d’occupation, de mouvement et d’observation. La Montagne magique de Thomas Mann ou La pièce d’or de Ken Bugul. enrichissent certaines réflexions, sur le sans-abrisme notamment. Les éléments naturels, eau, feuillage, donnent lieu à une touche picturale plus libre. L’eau en particulier permet se dédoublement de la forme, par le reflet. Les espaces représentés sont des scènes ouvertes oscillant entre réalité et fiction. Des récits personnels et introspectifs s’y glissent également. Son travail se nourrit des peintures espagnoles, en particulier du peintre Joaquin Sorolla avec la toile Siesta (1911), Retour de la pêche, le halage de la barque (1894) et ¡Aún dicen que el pescado es caro! (1894).
A propos du Domaine Deleuze Rochetin
L’histoire du vignoble du Domaine Deleuze Rochetin (lire notre article) s’inscrit dans le triangle Méditerranée, Cévennes, Rhône, sur les terres généreuses du cœur de l’Uzège identifiées au XVIIIème siècle comme d’anciennes « vignes royales ». Entré dans la famille Deleuze Rochetin en 1820, c’est aujourd’hui la famille Deldycke et l’équipe du Domaine qui exploitent ce vignoble, à 3km de la douce et emblématique ville d’Uzès. Le domaine est doté d’un spacieux espace d’exposition grâce à l’initiative de ces précédents propriétaires qui, pendant plusieurs années, y avaient animé une galerie d’art. Un lien entre l’art et les vins du domaine était ainsi crée. Une nouvelle page de cette aventure s’est ouverte l’an dernier. Le Domaine Deleuze-Rochetin a en effet réaffirmé sa vocation de mettre en dialogue le boire et le voir, le plaisir de la dégustation et de la découverte. Proposer un espace de démonstration et d’échange où se cultivent la rencontre entre le vin, la création et la culture afin de célébrer l’harmonie des sens fait désormais partie du rythme des saisons au domaine.
Le programme d’exposition
Ainsi, un cycle d’exposition mettant à l’honneur des artistes émergents a été créé et la première exposition de ce cycle a permis, en collaboration, avec la Galerie Valérie Delaunay de présenter en 2025 le travail d’Olivier Lepront. Le vin comme l’art sont des expressions de passions, d’histoire, de rencontres et de savoir-faire. Cette année le domaine invite Eugénie Didier et Léa Toutain pour un Duo Show. Les deux artistes viennent de participer à ART PARIS en avril 2026 et présentent à partir du 22 mai leur travail au Domaine. Certaines des oeuvres présentées sont directement inspirées de leurs séjours au cœur de nos vignes et de la rencontre avec l’équipe qui les a accueilli pour une immersion dans l’univers du domaine.
Informations pratiques : Domaine Deleuze-Rochetin, 20 Chemin du Moulin 30700 Arpaillargues (3km d’Uzès). Tél : 04 66 59 65 27, Vernissage en présence des artistes et dégustation de vin 23 mai 2026 à partir de 17 h. Entrée libre aux horaires d’ouverture du domaine, Des évènements ponctueront l’exposition durant l’été
Contacts : Eugénie Didier : egdidier@gmail.com, Instagram @eugenie.didier, Léa Toutain : Lea1.toutain@gmail.com, Instagram Leatoutain Site internet : Toutain Léa Galerie Pauline Renard : pauline@galerierenard.com, tél : 06 83 75 51 95