Forêt de Massargues, à côté d'Aubussargues

Zoom sur l'Artemisia Annua

Une plante qui porte le nom d’Artémis, la déesse de la nature et de la chasse, UzEssentiel ne pouvait que s’y attarder.

Principalement originaire d’Afrique du nord, l’Artémisia Annua a su s’acclimater à l’Amérique et à l’Amérique latine, mais aussi à l’Europe, comme le prouve sa floraison importante au bord du Gardon.

Une herbacée dont les vertus sont reconnues depuis des siècles

Artemisia Annua©omaine la belle vieLes bienfaits de cette grande herbacée annuelle, à l’odeur très agréable, qui peut atteindre les 3 m de haut, sont reconnus par la médecine chinoise, mais pas seulement.

Utilisée depuis des siècles dans le traitement des virus et des fièvres, l’Artemisia Annua a vécu en 2021 une année exceptionnelle.

En tisane, en macérât, elle est idéale pour lutter de manière efficace contre les insectes (puces, poux, moustiques), les maladies de peau. Elle est aussi une bonne alliée santé pour ses qualités immuno-stimulantes.

L’avis de Valérie, du Domaine La Belle Vie

Bonjour Valérie, pouvez-vous nous en dire plus sur l’Artémisia Annua que nous pouvons trouver proche d’Uzès ?

Bonjour Nancy,

Artemisia Annua©Domaine La Belle VieEt bien, l’Artémisia Annua est une plante rare. Une plante qui, ces dernières années, se faisait « piquer » la place par une plante assez agressive pour l’homme : l’Ambroisia Artémisia Folia.

Artémisia Annua versus Ambroisia Artémisia Folia

Comme son nom l’indique, la belle Ambroisie se répand très vite, imite à la perfection la sublime Artémisia par les feuilles (Artemisia folia).

Depuis une décennie, je voyais beaucoup plus d’Ambroisie que d’Artemisia Annua. Or, début 2020, j’ai constaté un curieux phénomène. L’Artemisia Annua reprend sa place et elle est apparue en quantité très supérieure à celle des autres années.

Je n’en tirerai aucune conclusion pour l’instant, mais je me souviens de Pierre Rabbi qui me disait, il y a 23 ans : « les plantes ont une fonction. Quand elle sortent le bout de leur nez et qu’elles sentent qu’elles ne serviront à rien, elles se « suicident », elles ne gaspillent jamais l’énergie ».

Les plantes ne gaspillent jamais leur énergie

Inversement, nous pouvons justement penser que, si elles ont une fonction, elles peuvent mettre de l’énergie à sortir en quantité.

Où trouvez-vous l’Artémisia Annua et combien de temps dure sa récolte ?

Je plante de l’Artemisia depuis des années sur les terres les plus dénuées de pollution que j’ai pu faire analyser. L’Artemisia est un capteur de pollution. Elle détoxique la terre et se retrouve donc chargée de ces toxines. Il est important de faire attention au site où on la trouve. L’idéal est de la planter sauvagement, dans des sites protégés.

L’Artémisia Annua se plante de manière sauvage, dans des sites protégés

Si vous êtes plein nord, la récolte sera tardive, et longue aussi. Plein Sud, les premières cueillettes peuvent arriver en plein été, comme en 2017, et être de courte durée car elle sèche très vite.

Je préfère rester évasive sur les temps, les durées, les règles établies du cultivateur, car ayant le nez au sol depuis tant d’années, je ne peux que constater qu’aucune règle ne tient. À la dernière initiation à la cueillette des plantes sauvages comestibles, samedi 3 octobre, nous avons cueilli des Aspergum.

Artemisa Annua©Domaine La Belle VieQuels produits en tirez-vous ? Avez-vous une préparation phare ?

Je suis très heureuse de ma création 2021 : l’Huile Fabuleuse d’Artemisia Annua.

Lorsque j’étais en plein champs aux premières heures du jour, le parfum était si subtile, si aromatique, que je me suis dit que les parfumeurs avaient sûrement repéré la plante. J’ai donc fait une recherche et, ne trouvant rien, j’ai cherché côté macérâts. Toujours rien. Alors, je me suis mise à la paillasse et j’ai testé plusieurs huiles, plusieurs dosages, plusieurs températures.

Le résultat est un petit bijou. Dont je suis assez fière.

A quelles personnes s’adressent vos préparations et que soignent-elles ?

J’ignore ce que les personnes qui m’achètent des plantes en font. Et je ne réponds pas aux demandes de diagnostic, ou aux demandes de « soin » particulier. Je ne peux que témoigner de ce qu’elles m’apportent, et encore en précisant bien que ce qui est bon pour moi, ne l’est peut-être pas pour quelqu’un d’autre.

Une récolte de données sur le terrain transmise au Muséum d’Histoire Naturelle de Paris et au Jardin des Plantes de Montpellier

Je récolte une multitude de données sur le terrain que je transmets au MHNP (Muséum d’Histoire Naturelle de Paris) ou aux Jardins des Plantes de Montpellier (Telabotanica). Je peux aussi partager avec mes acheteuses ces données par exemple. Et, bien sûr, comme nous le faisons depuis la nuit des temps, échanger quelques recettes de grand-mère, quelques astuces d’usages. Mais je ne vais pas plus loin.

Un retour à la racine des choses

L’intérêt de l’usage des plantes sauvages, c’est son aspect radical ; dans le sens « retour à la racine des choses », dans le sens où cela implique une plus grande participation d’une personne quant à ce qu’elle ingurgite, quant à son état de santé et quant aux conséquences de ses actes. Une manière de reprendre un peu sa vie en mains.

Où peut-on les retrouver sur Uzès ?

Chez Malaïgue, une petite boutique bio qui permet à de tout petit producteur comme moi de vivre dans des conditions très humaines.

Et en me commandant directement. Je livre à vélo ou j’envoie des colis.

 

Remerciements à Valérie, du Domaine La Belle Vie, pour sa collaboration à cet article

A lire également, le portrait d'UzEssentiel consacré à Valérie

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